DUETS Villazón, Abdrazakov 4796901

Voici, avant même d'avoir franchi l'épreuve de l'écoute, un album doté d'un fort capital de sympathie. Deux artistes charmants, charmeurs, chacun dans des tessitures que le disque ne réunit pas souvent -- ténor et basse --, mêlent leurs voix . . . [Ildar Abdrazakov a] un timbre de vison noir . . . ["Son lo spirito che nega" est] interprété d'une voix orageuse par Ildar Abdrazakov . . . sous la direction irréprochable de Yannick Nézet-Séguin à la tête de l'Orchestre Métropolitain de Montréal.

. . . [on louera] la beauté vocale des deux interprètes et surtout la qualité de la direction d'orchestre. Abdrazakov est royal de bout en bout, sombre et menacant dans le Mefistofele de Boito, digne et émouvant en Fiesco, touchant en Pasquale, roublard à souhait en Dulcamara . . . Zurga permet à l'airain de cette noble voix de basse de se couvrir de velours en abordant la tessiture plus élevée de baryton . . . belle prestation de Villazón . . . On retiendra surtout l'ineffable beauté du timbre et la rare élégance des phrasés, qui font merveille dans "Les Pêcheurs de perles" tout comme dans les ouvrages bouffes de Donizetti . . . La direction vive, énergique et toujours inspirée de Yannick Nézet-Séguin est un des grands bonheurs de cet enregistrement. L'Orchestre Métropolitain de Montréal, tout à fait à la hauteur de la tâche, semble parfaitement à l'aise dans le répertoire lyrique et donne toutes leurs lettres de noblesse à des pages mille fois entendues que l'on redécouvre pour la beauté et la subtilité de leur orchestration.