Cigala & Tango 4779716

Le concert . . . est exceptionnel. Entouré d'une pléiade d'invités, El Cigala recrée les classiques du tango, où sa voix minérale creuse des abîmes . . . le répertoire est un sans-faute . . .

De cette voix désarticulée, ardente, rageuse, qui moque, mord, râle pour accrocher et noyer dans sa tristesse celui qui l'écoute. Cette putain de voix qui roule des hanches sur les trottoirs de Buenos Aires et charrie toutes les chienneries des hommes en quête d'affection sur les pavés de Séville ou d'ailleurs. Diego El Cigala est sans doute la meilleure chose qui soit arrivée au flamenco depuis longtemps . . . on entend du flamenco qui tangue et du tango qui flamenque. C'est autre chose. Une musique du troisième type. A cheval. Transgenre. Diablement sexuelle. Surgie des mauvais quartiers. Tranchante comme la lame d'un couteau. Tendre comme la nuit. Et en même temps d'une tristesse à flanquer la chair de poule à n'importe quel gadjo de ce bas monde. Le blues du Gitan est la patrie de tous les experts en solitude.