Elīna Garanča – Biographie

Riga, capitale de la Lettonie, également capitale européenne de la culture en 2014, est aussi la ville où naquit Elīna Garanča, en 1976, dans une famille de musiciens. À l’âge de vingt ans, elle entre à l’Académie lettone de musique. Elle ne tarde pas à devenir l’une des mezzo-sopranos les plus remarquables de la planète. Sa carrière démarre malgré elle, alors qu’elle est encore étudiante : elle remplace une mezzo pratiquement au pied levé, avec seulement dix jours de préparation, dans le rôle de Giovanna Seymour, dans Anne Boleyn de Donizetti, se découvrant une passion pour le bel canto, un répertoire dans lequel on va pouvoir l’admirer dans d’innombrables représentations d’anthologie.

Après avoir passé son diplôme à l’Académie, elle entre au Théâtre de Meiningen, en Allemagne, est artiste en résidence à l’Opéra de Francfort, chante au Festival d’opéra de Savonlinna (Finlande), est finaliste du concours de la BBC « Singer of the World », à Cardiff, en 2001, et remporte le concours de chant Mirjam Helin en Finlande. Son chemin est tracé.

Et sa carrière prend son envol : elle chante à l’Opéra de Vienne, au Festival de Salzbourg, au Festival Rossini de l’Opéra d’Helsinki, à Paris, Aix-en-Provence, Lucerne et Graz, et en 2003 fait son premier enregistrement Deutsche Grammophon en donnant la réplique à Anna Netrebko dans la scène et cavatine de Lucia (Lucia di Lammermoor) pour le premier disque DG de celle-ci, Opera Arias.

Le talent extraordinaire d’Elīna Garanča est désormais largement reconnu et en 2005 elle signe un contrat en exclusivité avec le Label jaune. Son premier enregistrement en soliste, Aria Cantilena, sort en 2007, a un grand succès et lui vaut l’Echo Klassik dans la catégorie « Chanteur de l’année ». Suit le disque Bel Canto en 2009, qui remporte un autre Echo Klassik et le prix du BBC Music Magazine, puis Habanera en 2010 et Romantique en 2012, récompensé à nouveau par un Echo Klassik. Une fois encore, les critiques et les mélomanes sont émerveillés par son agilité vocale, sa présence dramatique, et la beauté de sa voix. Le Boston Globe écrit : « En l’écoutant, on comprend pourquoi les critiques ont déversé des tonnes de superlatifs en décrivant ses interprétations. » Elle participe également à des enregistrements d’opéras, notamment de Carmen, Anne Boleyn, Cendrillon de Rossini, et I Capuleti e i Montecchi de Bellini.

À la scène, ses rôles les plus célèbres sont Annius et Sextus dans La Clémence de Titus, Charlotte dans Werther, Dorabella dans Così fan tutte, et Rosine dans Le Barbier de Séville.

Avec un succès grandissant à la scène et une discographie s’étoffant rapidement, Elīna Garanča est de plus en plus sollicitée. Elle débute à Covent Garden en 2007, au Metropolitan de New York l’année suivante. Le New York Times est euphorique : « Madame Garanča a tout : la musicalité, la technique, la voix, la confiance, l’intelligence, la tessiture dramatique – et des allures de star de cinéma. Elle est pour ainsi dire l’incarnation du “sans-faute”. Et dans ses débuts au Met, samedi soir, elle a fait un sans-faute… »

En 2009, elle retourne à Covent Garden chanter Carmen, puis brille au Metropolitan de New York dans une nouvelle production de l’opéra de Bizet qui est télédiffusée dans plus de mille cinémas dans le monde entier. En 2010, elle est « Soliste vocal de l’année » de Musical America et remporte le prix du MIDEM de Cannes dans la catégorie « Chanteur de l’année ». En 2013, elle devient l’une des plus jeunes Kammersängerin de l’Opéra de Vienne, distinction qui honore ses cent quarante représentations dans dix-huit rôles différents depuis ses débuts dans ce théâtre en 2003.

En 2014, elle chantera La Favorite de Donizetti au Festival de Salzbourg, La Damnation de Faust de Berlioz au Deutsche Oper de Berlin, et I Capuleti e i Montecchi de Bellini à l’Opéra de Munich et à Baden-Baden. Son planning de concerts est également chargé. Au cours de l’année, elle se produira au Festival de Salzbourg dans le “Libera me” du Requiem de Verdi et le Stabat Mater de Rossini, et elle fera une tournée européenne qui l’emmènera à Amsterdam, Oviedo, Berlin, Paris, Vienne, Londres, Hambourg, Munich et Lucerne, entre autres.

Tout en ayant imprimé sa marque dans le monde musical, Elīna Garanča n’en vit pas moins sa vie pleinement, une qualité que reflètent avec éloquence la profondeur et l’intelligence de son chant. En janvier 2014, elle annonçait la naissance de sa seconde fille avec ces mots : « Nous embrassons l’avenir pleins de joie et de nouvelles expériences. » Ce bonheur paisible se retrouve dans son nouveau disque Meditation, à paraître en septembre 2014, dont le programme couvre quatre cents ans de musique sacrée et spirituelle, et duquel se dégage un véritable sentiment de paix intérieure et d’accomplissement. La mezzo confirme : « J’ai tellement de bonheur dans ma vie que j’en suis infiniment reconnaissante : envers mes partenaires professionnels, ma famille, ma voix – et ces compositeurs si sublimes. »


3/2014

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