BEETHOVEN Piano Sonatas / Alice Sara Ott 4779291

. . . a mature reading of the "Waldstein" preceded by an equally impressive take on the less frequently performed No 3 Sonata. It's this latter which provides the more gripping ride, from the dashing brilliance of the Allegro con brio first movement before negotiating the sudden thrust in a more melancholy direction in the Adagio. Finally, the rolling cadences of the concluding Allegro assai capture Ott's youthful spirit at its most attractively coltish.

Sie weiß, was sie sagen will . . . eine Verheißung . . .!

[Sonata no. 3]: Ihr versucht Ott erfreulicher Weise kein künstlich schweres Beethoven-Pathos überzustülpen, sondern erzeugt vom Kopfsatz an einen frischen und vitalen Klang. Geschmeidiges Passagenwerk und elastische Phrasierung lassen schon dort ein filigranes, lebendiges Gesamtbild entstehen. Im 'Adagio' zeigt sie mit weichem und sensiblem Ton, dass sie auch ein ausgeprägtes Gespür für kantable Melodik besitzt. Scherzo und Finalsatz sprudeln mit schwungvollem Zugriff vor Energie . . . ['Waldstein-Sonate']: Atmosphärisch dicht gelingt Ott der Einstieg über das klopfende Achtel-Motiv, mit scharf umrissenen Konturen und nuancenreichem Anschlag entwickelt sie über einen lyrisch aufblühenden zweiten Satz immer wieder gekonnt musikalische Steigerungen und Spannungsbögen bis hin zum fulminanten Prestissimo-Showdown . . . [Andante favori F-Dur WoO 57]: [die Pianistin] überzeugt auch hier mit schlankem und geradlinigem Spiel, das sich nicht zu einer schwülstig romantisierenden Lesart hinreißen lässt . . . [op. 129]: [Ott haucht ihm] mit hellwacher Artikulation und variabler Agogik effektvolles Temperament ein. Alles in allem trägt Alice Sara Otts Beethoven bereits sehr reife Züge und eröffnet bei obendrein tontechnisch sehr transparentem Klangbild einen unmittelbar ansprechenden musikalischen Zugang.

. . . la jeune et très talentueuse pianiste Alice Sara Ott (23 ans) sélectionne les deux grandes Sonates en ut majeur de Beethoven, profitant des ressources expressives et de l'exigence technique redoutable pour jouer des contrastes et colorer la trépidation rythmique des ¿uvres par une intériorité remarquablement articulée. Sous ses airs de jeune lolita enchantée, la pianiste germano-japonaise affirme dans ce programme réfléchi et étonnamment profond, une étape majeur dans son parcours. Qu'il s'agisse de la Sonate N°3 opus 2 N°3 . . . ou la "centrale" Sonate Waldstein (n°21 opus 53), le feu à la fois juvénile et magnifiquement structuré de l'interprète démontre depuis son précédent album Chopin, une maturité somptueuse qui tout en soignant la sonorité comme la courbe musicale et dramatique des ¿uvres, maîtrise la suggestion et le finesse d'un toucher précis et délicat. C'est un Beethoven tumultueux, brillant, surtout humain et intime que son toucher nuancé convoque irrésistiblement . . . la Sonate n°3 introductive affirme et la puissante pensée d'un Beethoven de 25 ans et le jeu tout en finesse démonstrative et méditative d'Alice Sara Ott: sa sensibilité s'exprime librement dans le superbe adagio, plongée en eau souterraine dont le tissu crépusculaire contraste étonnamment avec la fougue des autres mouvements; d'un bout à l'autre, l'interprétation frappe par sa cohérence et sa fluidité atteignant une formulation logique, souple, naturelle . . . [la Waldstein]: très inspirée, Alice Sara Ott en souligne comme des teintes filigranées, la tentation du suicide, les visions et éclairs de conscience aux révélations fracassantes; Beethoven frappé par les progrès de sa surdité songe à la mort, se désespère de ne jamais connaître paix et reconnaissance. L'Allegro con brio s'écarte des sentiers remâchés: il en sort différent, plus trouble, plus grave, d'une pensée violente et désespérée à la fois . . . La très grande sensibilité de la pianiste éclaire le parcours du jeune Beethoven, depuis la vitalité ardente de l'Opus 2 à la prise de conscience et la gravité nouvelle de la Waldstein: en 8 ans seulement, tout un monde sonore bascule vers une intériorité inédite. Superbe programme.