Elīna Garanča – Biographie

« La royale mezzo-soprano lettone Elīna Garanča nous ramène à un autre âge musical, à une époque où le style était grandiose et les voix somptueuses. Créature rare et exotique, elle fait partie d’une toute petite élite de grands chanteurs que l’on admire aujourd’hui sur les scènes du monde entier. » (The Daily Telegraph, décembre 2015)

Née à Riga, capitale de la Lettonie, dans une famille de musiciens, Elīna Garanča entre à vingt ans à l’Académie lettone de musique. Elle ne tarde pas à devenir l’une des mezzo-sopranos les plus remarquables de la planète. Sa carrière démarre alors qu’elle est encore étudiante : on la contacte pour un remplacement de dernière minute et lui confie, avec seulement dix jours de préparation, le rôle de Giovanna Seymour, dans Anne Boleyn de Donizetti. Elle se découvre alors une passion pour le bel canto, un répertoire dans lequel elle va faire sensation dans d’innombrables représentations d’anthologie.

Après avoir passé son diplôme à l’Académie, elle entre au Théâtre de Meiningen, en Allemagne, est artiste en résidence à l’Opéra de Francfort, chante au Festival d’opéra de Savonlinna (Finlande), est finaliste du concours de la BBC « Singer of the World » 2001, à Cardiff, et remporte le concours de chant Mirjam Helin en Finlande.

Sa carrière prend ensuite son envol : elle chante à l’Opéra de Vienne, au Festival de Salzbourg, au Festival Rossini de l’Opéra d’Helsinki, à Paris, Aix-en-Provence, Lucerne et Graz, et en 2003 fait son premier enregistrement Deutsche Grammophon en donnant la réplique à Anna Netrebko dans la scène et cavatine de Lucia (Lucia di Lammermoor) pour le premier disque DG de celle-ci, Opera Arias.

Le talent extraordinaire d’Elīna Garanča est désormais largement reconnu et en 2005 elle signe un contrat en exclusivité avec le label jaune. Son premier disque en soliste, Aria Cantilena, sort en 2007, a un grand succès et lui vaut l’Echo Klassik dans la catégorie « Chanteur de l’année ». Suit Bel Canto en 2009, qui remporte un autre Echo Klassik et le prix du BBC Music Magazine, puis Habanera en 2010, Romantique en 2012, et Meditation en 2014 – les deux derniers albums sont à nouveau récompensés par un Echo Klassik. Critiques et mélomanes ne cessent de s’émerveiller de son agilité vocale, de sa présence scénique et de la beauté de sa voix. Dans son compte rendu de Meditation, Classic FM loue sa « voix veloutée et riche qui imprègne chaque phrase d’émotion et de subtilité », ajoutant que le disque « devrait renforcer sa position parmi les chanteuses d’aujourd’hui qui sont exceptionnelles par leur voix et leurs interprétations ».

Elīna Garanča participe également à des enregistrements d’opéras, notamment de Carmen, Anne Boleyn, Cendrillon de Rossini, et I Capuleti e i Montecchi de Bellini. À la scène, ses premiers rôles sont Annius et Sextus dans La Clémence de Titus, Charlotte dans Werther, Dorabella dans Così fan tutte, et Rosine dans Le Barbier de Séville.

Elle débute à Covent Garden en 2007, au Metropolitan de New York l’année suivante. En 2009, elle retourne à Covent Garden chanter Carmen, puis brille au Metropolitan dans une nouvelle production de l’opéra de Bizet qui est télédiffusée dans plus de mille cinémas dans le monde entier. En 2010, elle est « Soliste vocal de l’année » de Musical America et remporte le prix du MIDEM de Cannes dans la catégorie « Chanteur de l’année ». En 2013, elle devient l’une des plus jeunes Kammersängerin de l’Opéra de Vienne, distinction qui honore ses cent quarante représentations dans dix-huit rôles différents depuis ses débuts dans ce théâtre en 2003.

En 2014, elle incarne Leonor de Guzmán, la favorite de l’opéra éponyme de Donizetti, dans une version de concert présentée au Festival de Salzbourg, et Octavian, dans Le Chevalier à la rose de Strauss, au Deutsche Oper de Berlin. Début 2015, elle retourne chanter Carmen au Metropolitan Opera, puis reprend Octavian à l’Opéra de Vienne – le quotidien Der Standard vante sa voix, « d’une classe exceptionnelle », et « sa présence scénique, qui tient de la magie », estimant qu’elle donne « le plus grand effet au moindre de ses gestes ». Elle sera de nouveau Octavian en avril–mai 2017, au Metropolitan, face à la Maréchale de Renée Fleming.

Lors de la saison 2015–2016, elle chante Charlotte à l’Opéra de Paris et débute avec succès en Sara, duchesse de Nottingham, dans la toute première production au Met de Roberto Devereux de Donizetti. Enthousiaste, le New York Times écrit : « C’est un vrai luxe d’avoir dans la distribution la grande mezzo-soprano Elīna Garanča qui apporte sa voix somptueuse et son charisme à son rôle. » Parmi les grands moments de sa saison 2016–2017 figurent sa reprise, en version scénique cette fois-ci, de Leonor dans la première Favorite donnée à l’Opéra de Munich, et son premier rôle dramatique vériste, celui de Santuzza, dans Cavalleria rusticana, à l’Opéra de Paris.

Son planning de concerts est également chargé. Ne serait-ce que dans les douze derniers mois, elle a interprété un répertoire allant de Bach à Duparc à Moscou, Saint-Pétersbourg, Genève, Londres, Paris, Zagreb, Liège, Vienne, Linz, Düsseldorf et Nuremberg, entre autres villes, avec des interprètes de premier ordre comme Dmitri Hvorostovsky, Malcolm Martineau et son époux, le chef d’orchestre Karel Mark Chichon. Parmi ses prochaines grandes étapes figurent une tournée de concerts en Allemagne et en Autriche (février 2017), un récital au Carnegie Hall de New York (mars 2017), les Rückert-Lieder de Mahler avec Gustavo Dudamel et le Philharmonique de Los Angeles, et le gala du cinquantième anniversaire du Metropolitan Opera au Lincoln Center (les deux derniers événements en mai 2017).

Début novembre 2016 sort chez Deutsche Grammophon son dernier disque de soliste, Revive, dans lequel elle met à profit sa vaste expertise en matière d’opéra et son expérience de la vie pour incarner quelques-unes des grandes héroïnes du répertoire romantique. Enregistré à Valence avec Roberto Abbado et l’Orquestra de la Comunitat Valenciana, l’album renferme des extraits de Don Carlos de Verdi, d’Hérodiade de Massenet, d’Henri VIII de Saint-Saëns, ainsi que des pages célèbres d’Adrienne Lecouvreur de Cilea, de Samson et Dalila de Saint-Saëns, des Troyens de Berlioz, et de Boris Godounov de Moussorgski, entre autres. Le choix très personnel de ce programme reflète la direction dans laquelle sa voix se développe et montre qu’elle peut désormais s’aventurer dans de nouveaux territoires exigeants comme ceux des opéras de Verdi et du vérisme. Revive va permettre au public de goûter aux nombreuses délices que cette mezzo passionnée et polyvalente nous réserve pour les années qui viennent.

10/2016