« Sa voix est un superbe instrument tapissé de velours et couleur prune, d’une douceur, d’une puissance et d’une souplesse étonnantes, doublé d’une technique à toute épreuve et d’une remarquable intelligence musicale. Son registre grave est magnifique. »

The Daily Telegraph, novembre 2016

Elīna Garanča – Biographie

Née à Riga, capitale de la Lettonie, dans une famille de musiciens, Elīna Garanča entre à vingt ans à l’Académie lettone de musique. Elle ne tarde pas à devenir l’une des mezzo-sopranos les plus remarquables de la planète. Sa carrière démarre alors qu’elle est encore étudiante : on la contacte pour un remplacement de dernière minute et lui confie, avec seulement dix jours de préparation, le rôle de Giovanna Seymour dans Anne Boleyn de Donizetti. Elle se découvre alors une passion pour le bel canto, un répertoire dans lequel elle va faire sensation dans d’innombrables représentations d’anthologie.

Après avoir passé son diplôme à l’Académie, elle entre au Théâtre de Meiningen, en Allemagne, est artiste en résidence à l’Opéra de Francfort, chante au Festival d’opéra de Savonlinna (Finlande), est finaliste du concours de la BBC « Singer of the World » en 2001, à Cardiff, et remporte le concours de chant Mirjam Helin en Finlande.

Sa carrière prend ensuite son envol : elle chante à l’Opéra de Vienne, au Festival de Salzbourg, au Festival Rossini de l’Opéra d’Helsinki, à Paris, Aix-en-Provence, Lucerne et Graz, et en 2003 fait son premier enregistrement Deutsche Grammophon en donnant la réplique à Anna Netrebko dans la scène et cavatine de Lucia (Lucia di Lammermoor) pour le premier disque DG de celle-ci, Opera Arias.

Le talent extraordinaire d’Elīna Garanča est désormais largement reconnu et en 2005 elle signe un contrat en exclusivité avec le label jaune. Son premier disque en soliste, Aria Cantilena, sort en 2007, a un grand succès et lui vaut l’Echo Klassik dans la catégorie « Chanteur de l’année ». Suit Bel Canto en 2009, qui remporte un autre Echo Klassik et le prix du BBC Music Magazine, puis Habanera en 2010, Romantique en 2012, et Meditation en 2014 – les deux derniers albums sont à nouveau récompensés par un Echo Klassik. Elīna Garanča participe également à des enregistrements d’opéras, notamment de Carmen, Anne Boleyn, Cendrillon de Rossini, et I Capuleti e i Montecchi de Bellini.

En novembre 2016 sort son dernier album solo, Revive, que le Daily Telegraph considère comme un « récital captivant de l’une des plus grandes cantatrices du monde ». Enregistré à Valence (Espagne) avec Roberto Abbado et l’Orquestra de la Comunitat Valenciana, il renferme des extraits de Don Carlos de Verdi, Hérodiade de Massenet, Henri VIII de Saint-Saëns, ainsi que des pages célèbres d’Adriana Lecouvreur de Cilea, Samson et Dalila de Saint-Saëns, Les Troyens de Berlioz et Boris Godounov de Moussorgski. Le choix très personnel du programme reflète l’évolution de la voix d’Elīna Garanča, qui peut désormais s’aventurer dans un répertoire nouveau et exigeant.

À la scène, ses premiers rôles sont Annius et Sextus dans La Clémence de Titus, Charlotte dans Werther, Dorabella dans Così fan tutte, et Rosine dans Le Barbier de Séville. Elle débute à Covent Garden en 2007, au Metropolitan de New York l’année suivante. En 2009, elle retourne à Covent Garden chanter Carmen, puis brille au Metropolitan dans une nouvelle production de l’opéra de Bizet qui est télédiffusée dans plus de mille cinémas dans le monde entier. En 2010, elle est « Soliste vocal de l’année » de Musical America et remporte le prix du MIDEM de Cannes dans la catégorie « Chanteur de l’année ». En 2013, elle devient l’une des plus jeunes Kammersängerin de l’Opéra de Vienne, distinction qui honore ses cent quarante représentations dans dix-huit rôles différents depuis ses débuts dans ce théâtre en 2003.

Lors de la saison 2015–2016, elle chante Charlotte à l’Opéra de Paris et débute avec succès en Sara, duchesse de Nottingham, dans la toute première production au Metropolitan de Roberto Devereux de Donizetti. Enthousiaste, le New York Times écrit : « C’est un vrai luxe d’avoir dans la distribution la grande mezzo-soprano Elīna Garanča qui apporte sa voix somptueuse et son charisme à son rôle. » Parmi les grands moments de sa saison 2016–2017 figurent sa reprise très anticipée de Leonor de Guzmán dans la première Favorite de Donizetti donnée à l’Opéra de Munich (elle avait incarné ce rôle en concert au Festival de Salzbourg 2014) ; son premier rôle dramatique vériste, la Santuzza de Cavalleria rusticana, à l’Opéra de Paris ; et ses dernières représentations du Chevalier à la rose au Metropolitan où elle incarne Octavian face à la Maréchale de Renée Fleming.

Sa Léonor de Guzman, très applaudie, va être immortalisée par un DVD/Blu-ray Deutsche Grammophon de la représentation munichoise du 23 octobre 2016 dirigée par Karel Mark Chichon et mise en scène par Amélie Niermeyer, avec notamment Matthew Polenzani (Fernand) et Mariusz Kwiecień (Alphonse XI). La sortie du disque coïncidera avec le retour d’Elīna Garanča à Munich pour deux représentations supplémentaires de l’opéra les 26 et 29 juillet.

Son planning de concerts est également chargé. Depuis janvier 2016, elle s’est produite à Berlin, Munich, Nuremberg, Vienne, Zagreb, Mexico et New York, où elle a notamment donné un récital au Carnegie Hall, en mars 2017, et participé au gala du cinquantième anniversaire du Metropolitan Opera au Lincoln Center deux mois plus tard.

Son prochain récital sera au Festival de Salzbourg avec Malcolm Martineau, qui l’accompagnera également cet automne à Vienne et à Londres. Les autres temps forts de la saison prochaine seront un Requiem de Verdi à Munich et à Cologne ; ses débuts en princesse Eboli dans une nouvelle production de Don Carlos à l’Opéra de Paris ; une reprise de Santuzza à Covent Garden ; Carmen à l’Opéra de Munich ; et une autre prise de rôle, la Dalila de Saint-Saëns à l’Opéra de Vienne.

6/2017