Water

Dans son nouveau disque Deutsche Grammophon, Hélène Grimaud sonde la force et la beauté de l’eau. Un album original, riche d’évocations et profondément personnel qui sortira le 29 janvier.

L’eau, ce don le plus précieux de la nature, exerce une intense fascination sur Hélène Grimaud qui en a fait le sujet de son dernier disque Deutsche Grammophon, dont la sortie internationale est fixée au 29 janvier prochain. Produit par l’auteur-compositeur, disc jockey et interprète britannique Nitin Sawhney et intitulé simplement Water, il renferme des visions musicales imaginatives des divers aspects de l’élément aquatique, depuis les puissants océans et les grands lacs jusqu’aux gouttes de pluie et aux flocons de neige, et invite l’auditeur à prendre conscience de la menace grandissante qui pèse sur cette ressource essentielle, notamment sur la sécurité de son approvisionnement.

« L’idée à l’origine de ce disque est la fascination que l’eau a exercée sur tant de compositeurs des XIXe et XXe siècles », explique Hélène Grimaud. Cette idée n’a pas seulement donné lieu à un disque, elle a aussi débouché sur un projet de la pianiste avec l’artiste écossais Douglas Gordon, lauréat du prix Turner : un concert-installation intitulé tears become… streams become… (« les larmes deviennent… les flots deviennent… ») et conçu expressément pour la salle d’exercice d’un ancien bâtiment militaire de New York, la Park Avenue Armory. Donné en décembre 2014 et décrit par le New York Times comme « captivant et d’une originalité audacieuse », ce spectacle mêlant art visuel, musique et architecture avait en son centre le programme « aquatique » d’Hélène Grimaud. Avant qu’elle commence à jouer, la gigantesque salle était progressivement inondée pour donner l’impression d’un immense « champ aquatique », selon les termes de Gordon, l’eau finissant par encercler complètement le piano de la concertiste.

Neuf compositeurs sont représentés sur l’album qui s’ouvre sur Wasserklavier (« Piano aquatique ») de Berio. Suivent Rain Tree Sketch II (« Arbre de pluie – 2e ébauche ») de Takemitsu, la Cinquième Barcarolle de Fauré, Jeux d’eau de Ravel, Almería d’Iberia d’Albéniz, Les Jeux d’eau à la Villa d’Este de Liszt, l’Andante de Dans les brumes de Janáček, et La Cathédrale engloutie de Debussy. Ces pages où l’eau se présente sous ses innombrables aspects ont été enregistrées en direct durant le concert-installation de New York puis reliées entre elles par sept Transitions écrites et enregistrées par Nitin Sawhney. Hélène Grimaud était ravie de travailler avec cet artiste « qui souligne dans son œuvre le fait que nous sommes tous dépendants de la ressource la plus précieuse de notre planète » et avec ses Transitions a réuni « des perspectives poétiques et philosophiques contrastantes en un écosystème musical unique et convaincant ».

Chaque pièce du disque s’inscrit dans un « flot » acoustique soigneusement structuré par son mélange de pages classiques et contemporaines, mais en même temps expérimental par son esthétique générale.

Hélène Grimaud n’est pas seulement l’une des pianistes les plus célèbres du monde, mais aussi une avocate infatigable des causes écologistes. Elle a notamment fondé le Wolf Conservation Center consacré à la protection des loups et à la sensibilisation du public au rôle essentiel que jouent ces grands prédateurs dans notre écosystème. Avec le disque Water, elle a réuni d’une manière unique ses passions jumelles pour la musique et l’environnement.