BERG Lulu Petibon / Juon DVD 0734637

The French soprano is in confident, fearless voice over the entire range of this killer part and paces herself with skill . . . Py's staging is driven at thriller-like intensity. And he is good at . . . the precise limning of characters . . . Broder treats the score quite romantically and likes to take time over important motifs . . . while remaining attentive to his singers' dynamic needs. The orchestra has fire and spirit . . . The Liceu's warm acoustic records well . . . Francois Roussillon's filming maintains a fair balance between spectacle and close-up. Hugely recommended: more satisfying, and demanding, and with a fuller central performance, than any filmed "Lulu" to date . . .

. . . der Regisseur [hat] mit Patricia Petibon eine Sängerdarstellerin zur Verfügung, die mit Leichtigkeit eine sinnliche, verführerische Bühnenpräsenz hat . . . Die Petibon hat in der Lulu eine Idealrolle gefunden . . . Stimmlich durchmisst sie facettenreich Ausdruckssphären und Klangfarben, spielt mit Phrasen und Tönen, dass es eine wahre Freude ist. Will Hartmann in den Rollen von Maler und Neger fällt mit kräftiger, durchsetzungsfähiger Stimme auf . . . Eine wahre Freude ist es, Franz Grundheber als Schigolch zu erleben, der . . . mit seiner Präsenz ein Fixpunkt der Aufführung ist. Die Feinheiten, mit denen er seinen Bassbariton auch noch im hohen Alter ausstatten kann, sind phänomenal und haben Referenzcharakter . . . Der Alwa von Paul Groves ist von der Stimmfarbe her eine sehr gute Besetzung, und auch technisch ist er der Rolle vollauf gewachsen . . . Positiv hervorzuheben ist noch der helle, charakterreiche Tenor Robert Wörles, der in seinen vier Rollen überzeugt . . . Michael Boder ist ein souveräner, klar gestaltender und die Konturen stets im Blick habender musikalischer Leiter . . . Überzeugend gestaltet Michael Boder mit dem bemerkenswert gut disponierten Orchester des Gran Teatro del Liceu Bergs musikalische Bezüge, die atmosphärische Dichte der Partitur, die klaren Linien der Musikdramaturgie Bergs . . . [er] demonstriert, wie vielschichtig Alban Bergs 'Lulu' tatsächlich ist.

. . . [cette Lulu] avait tout pour intriguer et attirer le spectateur . . . Le travail d'Olivier Py est toujours passionnant . . . Son approche violemment chromatique . . . frappe tout d'abord par sa pertinence à la fois contemporaine (on pense aux couleurs stridulantes d'une certaine tendance de l'art et du cinéma actuels) et d'époque. D'Otto Dix à Georg Grosz, les correspondances visuelles avec la Nouvelle Objectivité allemande sont cohérentes et riches. Le décor évoque tout à la fois le cirque et le centre commercial, la maison de poupées (pour adultes), la prison ou un ponton. Et les actions de l'opéra sont démultipliées, décalées ou visuellement commentées sur tout l'espace scénique compartimenté . . . Patricia Petibon est époustouflante en Lulu, tout à tour femme enfant, Marilyn de bazar, mort incarnée ou beauté nue comme un ver . . . La performance vocale est magnifique, surtout pour les parties coloratures et le lyrisme qui exsude de son interprétation, ô combien humaine au final . . . la distribution vocale est épatant, avec une mention spéciale pour Julia Juon, bouleversante Comtesse Geschwitz. Tous les autres tirent admirablement leur épingle du jeu, justes et convaincants dans cette partition extrême d'exigence et de chausse-trappes . . . La direction musicale de Michael Boder achève de faire de cette version une référence de tout premier plan.

Aucun doute: Py est chez lui dans cet univers interlope qui célèbre les noces du sexe et de la mort, signant une fois encore un spectacle éminemment personnel dont on ne sort pas indemne . . . [Michael Boder] exalte le lyrisme tourmenté que Berg a mis dans son orchestre, dessine l'ample l'architecture des trois actes, sans rien négliger de la précision de la mise en place . . . toute une galaxie de caractères glorieux et bien trempés gravite autour de l'astre Petibon. La soprano relève avec bravoure le défi de ce personnage carnassier aux visages multiples, trouvant idéalement sa voix, sans aucun excès, dans une écriture qui tend à chaque instant la corde de l'expression jusqu'à la rupture . . . une bonne partie de l'action se déroule à Paris . . . Un accomplissement, donc, qui hisse au sommet cette captation vidéo du second opéra de Berg.