Boulez Conducts Debussy & Ravel - Boulez 4790333

Le très modéré "Prélude à l'après-midi d'un faune" s'alanguit mollement mais avec une délicatesse de timbres à la fois lisse et polie (superbe Cleveland orchestra dans une prise de référence réalisée en 1991) . . . ["Shéhérazade" avec Von Otter]: d'un timbre très chatoyant . . . En 1999, voici Shéhérazade de Ravel: l'orchestre de Cleveland est somptueux là encore, d'un sirop détaillé et finement tressé . . . "Ma Mère l'Oye" est d'une architecture cristalline, d'une subtilité suggestive irrésistible (prise de 1994): il faut dire que le Berliner Philharmoniker est d'une tenue élégantissime, répondant au chef jusqu'à la moindre indication des cils et de la baguette . . . c'est du très bel ouvrage. Même opulence secrète, lovée au fond d'une blessure secrète: le ballet intégral de "Daphnis et Chloé" . . . est assurément le clou et le volet le plus essentiel de ce coffret événement; il bouleverse par sa sage et pudique langueur: le travail sur les timbres et la fusion avec le ch¿ur est à couper le souffle: ravélien, Boulez se dépasse ici, en une esthétique arachnéenne, millimétrée. L'embrasement des instruments, ce scintillement miroitant sont magnifiquement restitués et c'est un comble au bénéfice des instrumentistes berlinois qu'aucun orchestre français sur instruments modernes n'atteigne aujourd'hui une telle concision nerveuse, une telle richesse agogique, une maîtrise dynamique aussi aboutie et raffinée . . . [Krystian Zimerman, l'illustrissime Concerto pour piano en sol majeur:] un concentré de finesse et de subtilité partagées par deux immenses artistes: le sens des phrasés, les respirations, les nuances dans l'émission, la fusion et l'équilibre orchestre et piano sont admirables de bout en bout. Alors vous l'aurez compris, ce coffret est un incontournable . . . Coffret événement.