WAGNER Ring des Nibelungen / Thielemann 4791560

Der Film von Eric Schulz zeigt, dass Wagners Ring eigentlich ganz einfach ist . . . Wenn Pianist Stefan Mickisch das anhand von Hörbeispielen erläutert, vergessen selbst Opern-Phobiker ihre Schwellenängste.

Es ist ein Erklärstück besonderer Art daraus geworden: lehrreich, bisweilen gar gelehrt, unterhaltsam, aber nie auf reine Gefälligkeit aus. Dass Eric Schulz kundige Gewährsleute zu Wort kommen lässt, ist dabei so selbstverständlich wie der Umstand, das Ganze mit Ausschnitten aus "Ring"-Inszenierungen der vergangenen Jahrzehnte zu illustrieren. Ganz außergewöhnlich aber sind die Dramaturgie und vor allem die sehr kunstvolle Schnitttechnik. Also sehen wir etwa dem Dirigenten Christian Thielemann bei den Orchesterproben in der Wiener Staatsoper zu, hören uns, gespielt vom Pianisten Stefan Mickisch, Passagen des Klavierauszugs an und lassen uns von Experten wie dem Politologen Udo Bermbach oder dem Essayisten Friedrich Dieckmann auf das angenehmste belehren. Wie sensibel Schulz dazu die Ausschnitte aus den Inszenierungen von Patrice Chéreau (1980), Harry Kupfer (1993), La Fura dels Baus (2007) und Sven-Eric Bechtolf (2010) übereinanderblendend hinzufügt, ist so fabelhaft wie erhellend.

. . . tausend Details, die berücken und berühren, entzücken und erschrecken . . . man kann sich kaum satthören an einer Kunst der orchestralen Sublimierung, die sich aber nie in eine preziöse Detail-Affektion verliert. Der quasisinfonische Fluss bleibt stets gewahrt.

Ein musikalisches Dokument mit Ewigkeitsanspruch . . . Wagner-Ekstase in Reinkultur . . . der große Klangmagier Christian Thielemann zaubert . . . virtuos; die Wiener sind auch auf Tonträger zum Niederknien. Diese "Ring"-Interpretation zählt zu den absoluten Meister-"Ringen" . . . großartige Sänger . . . Das ist Freude pur.

. . . eine der intensivsten "Ring"-Gesamtaufnahmen, die im Handel erhältlich sind. Jeder weitere Kommentar ist eigentlich überflüssig . . . Das Staatsopernorchester erreicht unter Thielemann eine Art Perfektion der Imperfektion. Wenn es hie und da zu leichten tektonischen Verschiebungen im gewaltigen Wagner'schen Orchesterkosmos kommt, kann der Hörer förmlich fühlen, wie der Dirigent in diesem Moment gerade gestalterisch eingreift, zu intensiven dramaturgischen "Kommentaren" ausholt. Das packt unmittelbar.

. . . [Freude über] Thielemanns inzwischen wohl einzigartig souveränem Umgang mit der Partitur und ihre Gestaltung im eigenen, wesentlich durch ein bewundernswertes musikdramaturgisches Zusammendenken der vier Ring-Teile, einer Vorliebe zu wirkungsvollen Generalpausen, ungewöhnlichen Tempi und genussvollem Sich-Zeitnehmen für große Momente geprägten Stil.

. . . un Wagner articulé comme jamais auparavant, où les chanteurs, tous diseurs de premier plan, ont su restitué la finesse et l'ambiguité psychologique de chaque personnage, en particulier ceux des deux couples passionnants : Sieglinde et Siegmund, Siegfried et Brunnhilde, sans oublier un autre couple divin d'une évidente complémentarité Wotan et son double obsessionnel en quelque sorte, Loge : instance du feu qui au début comme à la fin, par manipulation subtile, fait et défait le destin de chacun . . .

. . . un nouveau Ring version Thielemann avec les forces vives de l'Opéra de Vienne : bénéficiant d'un orchestre fabuleux, le conteur maestro cisèle le fini instrumental, à la fois mordant et flexible du corps symphonique . . . une direction de bout en bout et diversement captivante . . . Thielemann s'appuie sur la somptuosité généreuse et percutante des cuivres . . . , le tapis des cordes d'une intériorité naturelle et si chantante . . . Voici un Wagner impressionnant . . . qui s'inscrit dans le marbre . . . avec l'impeccable et mordant Albérich de Tomas Konieczny de loin le plus engagé des protagonistes du Prologue . . . ["La Walkyrie"] : un premier acte de plus en plus prenant grâce au couple Siegmund et Sieglinde : Thielemann enlace les amants incestueux en une transe communicative et sa direction sait heureusement se lâcher avec un style très convaincant pour exprimer l'absolu de l'amour qui porte le duo flamboyant et tragique. Même réveil orchestral dans la scène finale des adieux de Wotan . . . et globalement, les contrastes expressifs entre chaque acte dans "Siegfried" semblent même beaucoup plus approfondis que dans "L'Or du Rhin" . . . La couleur héroique, la pure fantaisie fantastique qui se retrouve ensuite dans les murmures de la forêt à la fin de l'acte . . . tout cela Christian Thielemann l'aborde avec un tempérament méritant, révélant un sens de la narration assez captivant, profitant de la flexibilité mordante des instruments de la fosse de l'Opéra viennois (les cuivres aux résonances techtoniques). Le traitement de ce IIè acte de "Siegfried" est le plus abouti sans conteste . . . jamais les instruments ne couvrent les chanteurs : ils les enveloppent plutôt grâce à la direction très maîtrisée de Thielemann (vrai travail sur les f, ff, fff) . . . [Albert Dohmen fait un Wotan] à son meilleur dans la "Walkyrie" . . . En conclusion, la direction du chef saisit les passages clés, offre souvent un vrai travail instrumental détaillé et méticuleux : tous les pupitres de l'Opéra de Vienne sont à louer, en particulier les cordes et les cuivres . . .

. . . le Philharmonique de Vienne à son plus superlatif. On ne sait qu'admirer le plus : les moirures diaphanes et mordorées des pupitres de cordes, la rutilance solaire des cuivres, particulièrement valorisés par la prise de son . . . dans le "Ring", l'orchestre est un protagoniste à part entière du drame, peut être même le premier. Dieu merci, cette Rolls Royce est ici placée entre les mains d'un pilote expérimenté et inspiré. L'intimité de Christian Thielemann avec l'univers de Wagner -- et singulièrement avec le "Ring" -- est flagrante. Sa direction témoigne d'une saine maturité, fruit de plusieurs décennies de pratique (cf. supra), nourries d'une réflexion exigeante et dense . . . Souvent passionnante par sa maîtrise des équilibres, sa capacité à gérer le temps long, à maintenir la tension, la direction de Thielemann est celle d'un authentique Kapellmeister . . . On admire sincèrement cette capacité du chef à être là où on ne l'attend pas, à maintenir la tension, à souligner la continuité du discours musical, notamment dans d'extraordinaires préludes. Comment ne pas être enthousiasmé par le prélude du III de "Siegfried" . . . ou par la marche funèbre du "Crépuscule des dieux", hypnotique et envoûtante. Cette direction fait notamment merveille dans "L'Or du Rhin", qui s'écoute d'une traite, de rebondissement en rebondissement : le discours est sans cesse relancé, sans répit, un régal.