MOZART Clemenza di Tito 4835210

Autour du ténor médiatique Rolando Villazon (pilier avec le chef québécois de ce projet discographique d'envergure), se pressent quelques beaux gosiers, dont surtout, vrais tempéraments capables de brosser et approfondir un personnage sur la scène, grâce à leur vocalità ardente, ciselée: le Sesto de Joyce Di Donato, mozartienne électrique jusqu'au bout des ongles; dans le rôle de l'amant manipulé; et, révélation de cette bande, la soprano lettone Marina Rebeka, ampleur dramatique de louve dévorée par la haine et la conscience du pouvoir, dans le rôle de l'ambitieuse prête à tout . . . Chez Mozart, Villazon incarne la figure du prince d'abord humain, ensuite politique. Ses qualités de coeur, sa profondeur comme son épaisseur émotionnelle sont excellemment exprimées par le ténor mexicano-francais . . . A la tête de l'Orchestre de chambre d'Europe, sur instruments modernes donc, le québécois Yannick Nézet-Séguin montre sa maestrià héroique au service d'un opéra essentiellement humain. La vérité qui se dégage de sa direction, son attention aussi aux climats psychologiques, sa mesure et son goût des timbres (voyez les airs avec instruments obligés pour Sesto et Vitellia, respectivement avec clarinette et cor de basset) enrichissent encore une lecture très stylée où percent de facon définitive comme deux gemmes incandescents, le Sesto de Joyce Di Donato et la Vittelia de Marina Rebeka. Ces deux là sont sublimes dans la métamorphose qui se précise peu à peu, ils se révèlent avec une violence inédite alors à l'opéra. Belle production.

. . . une des plus pures et belles interprétations de cet ouvrage.