ABBADO The Opera Edition 4798008

DG's bumper box of Claudio Abbado's complete opera recordings for the label reflects his career more broadly . . . It's a box, too, that underlines the sharp focus of Abbado's repertory . . . at least two of Abbado's Verdi sets lay claim to be among the finest of all: his "Simon Boccanegra" and "Macbeth" . . . [the "Boccanegra"] has never really been surpassed either in its casting . . . Piero Cappuccilli, in his formidable prime, sings the title role . . . or in its capturing the shadowy colours of the score -- thrillingly played and conducted. The "Macbeth", another undisputed classic, is hardly less fine . . . [and] the luminous and luxuriously cast "Falstaff" from Berlin, with Bryn Terfel larger-than-life as the Fat Knight and the Philharmoniker on terrific form . . . There's also more Verdian treats from the BPO, too, in the shape of Roberto Alagna's suave recital . . . and an irresistible disc of overtures and preludes . . . The LSO also plays an important role in two more undisputed classics, Abbado's accounts of "Il barbiere di Siviglia" and "La Cenerentola" . . . The orchestral playing and conducting are superb, offering both sparkle and a welcome hint of gravitas . . . Rossini's "Il viaggio a Reims" features a cast every bit as fine, and won Gramophone's Record of the Year in 1986 . . . Vienna is the site of a luminous recording of "Lohengrin", the only Wagner opera Abbado tackled. It is exquisitely conducted and played, and beautifully recorded too. It captures Waltraud Meier's Ortrud in her prime . . . a terrific recording . . . [there's also] his flowing, lucid "Pelléas et Mélisande", beautifully captured in the studio with a largely Francophone cast . . . Mussorgsky's massive "Khovanschina" was captured live at the Staatsoper, and is a hugely imposing and impressively paced achievement . . . His Vienna "Wozzeck", with an electric lead couple of Hildegard Behrens and Franz Grundheber is unmissible . . . From the VPO comes a "Figaro" that still sounds good, and is notable for an especially vivid Cherubino from Cecilia Bartoli . . . There's a final treat, too, in the form of the 2010 "Fidelio", a Gramophone Award winner . . . So much here is wonderful . . . [this reasonably priced box still has an air of lavishness and will] provide many hours of operatic pleasure.

Un précieux hommage au maestro brillantissimo . . . où l'on puise avec délices. Pas pour y faire des trouvailles . . . mais pour se souvenir et se délecter de la pertinence, de l'imagination et de l'àpropos que montrait le chef milanais Claudio Abbado dans ses directions musicales d'oeuvres lyriques . . . Abbado y est bien entouré, qu'il s'agisse des orchestres ou des chanteurs . . . Confessons un faible pour les Verdi enregistrés à la Scala de Milan, à commencer par "Macbeth" (avec l'Orchestre et le Choeur de la Scala, et une stupéfiante Shirley Verrett), mais aussi pour les Rossini enregistrés avec le London Symphony Orchestra (dont une lumineuse "Cenerentola" avec Teresa Berganza), et, côté Mozart, une "Flûte enchantée" tardive d'une délicieuse fraicheur, où Abbado dirige avec vivacité "son" Mahler Chamber Orchestra.

. . . Claudio Abbado incarne l'élégance, l'humilité, la grâce habitée en une direction à la fois claire et concentrée qui recherche le frémissement intérieure, la finesse introspective: avec lui, c'est peu dire que les Berliner Philharmoniker, sous sa direction transcendante, ont égalé la subtilité magicienne des Wiener Philharmoniker, innervant dans la puissance et l'énergie des berlinois, cette élégance sonore qui est à la fois vérité et abandon. Ses derniers Mahler, ou Bruckner, véritables testaments artistiques sont illuminés par une grâce intérieure spectaculaire . . . en 60 cd tous les opéras gravés pour Deutsche Grammophon (et Decca) . . . éclairant ce souffle symphonique et l'ampleur d'une pensée lyrique, où le drame ne signifie pas, surtout pas, extériorité mais accomplissement d'un parcours intérieur. Voilà une conception personnelle, très spécifique, qui détermine la singularité du maestro dont le coffret permet de mesurer la génie lyrique et dramatique . . . Claudio Abbado atteint des sommets d'élégance et de vérité expressive, réalisations plus poétiques que démonstratives. La cohésion réalisée découle de sa conception même du métier de chef, pair parmi les pairs, premiers musicien certes mais en rien despotique, -- pilier ou pilote . . . Coffret majeur dédié au chef lyrique le plus attachant, un égal de Karajan par se souci du sens sonore et du flux orchestral.

. . . [la somme] saisit immédiatement par la cohérence et la finesse du legs artistique et esthétique du magicien Abbado . . . [Mozart / "La nozze di Figaro"]: Abbado électrise par cette instinct doué de grâce (qui fait aussi la réussite toute en finesse de ses Rossini): le plateau est royal avec la Comtesse de Sheryl Studer, le Cherubino -- ardent, convulsif de Cecilia Bartoli, la Susanna de Sylvia McNair: un parterre d'individualités féminines, piquantes, profondes. Must absolu car Abbado nous rappelle combien "Les Noces" sont avant tout, l'opéra des femmes. Puis son "Don Giovanni" (Ferrare, 1997) libère la liberté d'un éros serti de mille nuances (grâce à la juvénilité rayonnante du Chamber Orchestra of Europe. Simon Keenlyside bouillonne, irradie de sensualité sauvage, féline. Et, première victime, la plus amoureuse, l'Elvira de Soile Isokoski éblouit de la même étoffe, éperdue, ardente. Enfin ce qui prime dans "La Flûte Enchantée" (Modena, 2005), c'est la vie et le relief des planches sur toute autre considération, avec diamant éblouissant par sa vérité et sa gravité juste, la Pamina de Dorothea Röschmann. Le Mozart de Claudio Abbado touche par cette élégance qui parle vrai. Même vérité matinée de finesse et de vérité virtuose chez Rossini: le chef réunit dans chaque production la crème de la crème du chant rossinien, jubilatoire en verve et intelligence théâtrale. Evidemment les 2 versions du "Barbier de Séville" occupent le devant de la série: 1971 avec le trio assoluto Berganza, Alva, Prey (Lindoro, Rosina, Figaro) . . . ici l'élégance le dispute à l'agilité la plus subtile. Must absolu (Londres, LSO London Symphony Orchestra). 21 ans plus tard, même chef, mais plateau et lieu différent: Ferrare, Chamber Orchestra of Europe. Une nouvelle génération de chanteurs s'emparent alors de la facétie mordante, raffinée du pétillant Rossini: Domingo réinvente Figaro avec une grâce naturelle . . . Révélations dans ce registre rossinien: "L'Italiana in Algeri" (Vienne 1987 avec l'Isabella proche du sublime de l'imprévisible Agnès Baltsa), "La Cenerentola" (Edinburg, 1971 qui permet à la mezzo Berganza de chanter et Rosina et Angelina la même année). Saluons aussi "Le Voyage à Reims" / "Il Viaggio a Reims" (Live du Festival de Pesaro 1984, archive anthologique du cycle italien), servi par un plateau de vedettes lyriques: Gasdia, Valentini Terrani, Ricciarelli, Araiza, Rameay, Raimondi, l'infatigable et subtil Enzo Dara, Leo Nucci. Ce qui frappe aussitôt dans la direction de Claudio Abbado, c'est l'équilibre idéal entre précision, clarté, souplesse et vérité du discours orchestral. Chaque situation dramatique est remarquablement exprimée, souvent intensifiée par le choix des personnalités vocales que le chef a su choisir pour caractériser en profondeur et en sincérité les personnages et leurs confrontations . . .